Commencer avant de tout comprendre
Comment prier la neuvaine Don Dolindo ?
La neuvaine est une pratique spirituelle de neuf jours. Vous pouvez la commencer à n’importe quel moment de l’année : il n’existe pas de date obligatoire. Choisissez une intention de la neuvaine — maladie, travail, famille, décision, angoisse, dette, relation ou autre situation difficile — puis présentez-la chaque jour à Jésus avec la même confiance.
Le but n’est pas de trouver la « neuvaine la plus efficace » ni de provoquer une intervention divine par une formule. Il s’agit de s’abandonner à Jésus : ouvrir les mains, fermer paisiblement les yeux sur ce que l’on ne peut contrôler, puis accomplir avec fidélité ce qui revient réellement à notre responsabilité.
- Choisissez un temps réel. Réservez chaque jour dix à vingt minutes, sans chercher une performance impossible.
- Placez-vous devant Dieu. Faites lentement le signe de la Croix et invoquez l’Esprit Saint.
- Lisez la Parole. Laissez le passage proposé corriger vos images de Dieu et votre manière de demander.
- Nommez votre intention. Dites précisément ce qui vous inquiète, sans minimiser ni dramatiser.
- Priez avec la vidéo. Le support peut guider votre voix, mais gardez un temps de silence personnel.
- Discernez votre part. Notez l’acte juste et réaliste qui vous revient aujourd’hui.
- Remettez le reste. Répétez doucement : « Jésus, je m’abandonne à toi : c’est à toi d’y penser. »
- Terminez par un acte de charité. La confiance reçue doit devenir paix donnée autour de vous.
Vous pouvez conclure par un Notre Père — « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » — puis un Je vous salue Marie et un Gloire au Père. Cette forme simple garde la neuvaine dans la grande prière de l’Église.
Si vous manquez un jour, reprenez simplement. Si votre attention se disperse, revenez sans vous juger. La neuvaine n’est ni un test ni une formule automatique : elle éduque peu à peu une relation.
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Le texte complet à prier jour après jour
Neuvaine Don Dolindo : texte complet des 9 jours d’abandon
Chaque jour associe un verset biblique, une méditation, une prière et un acte concret. Ce parcours est une rédaction originale d’Évangiles.fr inspirée de la spiritualité d’abandon transmise par Don Dolindo ; il ne prétend pas reproduire mot pour mot une édition historique ou commerciale de la neuvaine.
Jour 1 — Recevoir Dieu comme Père
Parole : Matthieu 6, 25-34.
Jésus ne nie pas nos besoins. Il révèle que le Père les connaît et nous invite à chercher d’abord son Royaume.
Prière : Père, tu connais ce qui me préoccupe avant même que je trouve les mots. Je te remets aujourd’hui ma peur la plus lourde. Donne-moi le pain de ce jour, la lumière pour agir et la grâce de ne pas vivre demain avant qu’il arrive. Jésus, je m’abandonne à toi : prends tout en charge selon ta sagesse.
Acte : écrire la peur qui occupe le plus de place et la présenter au Père.
Jour 2 — Venir au Christ avec son fardeau
Parole : Matthieu 11, 28-30.
Vous n’avez pas à devenir fort avant de venir. Le repos commence lorsque le fardeau est porté avec Jésus.
Prière : Jésus doux et humble de cœur, je viens avec ce qui m’épuise. Je ne te cache ni mon agitation ni la confusion que je ressens. Reçois ce souci, porte avec moi ce qui doit encore être traversé et détourne-moi de la rumination qui ne produit aucun bien. Fais grandir en moi une confiance totale en ton amour.
Acte : garder cinq minutes de silence devant une croix.
Jour 3 — Dire vrai à Gethsémani
Parole : Marc 14, 32-36.
Exprimez le résultat que vous désirez, puis ouvrez votre demande à la volonté du Père.
Prière : Seigneur Jésus, tu as connu l’angoisse sans cesser d’aimer le Père. Je te dis ce que je voudrais voir changer. Si un chemin est impossible pour moi, ouvre celui qui conduit vraiment à la vie. Que ta volonté soit faite, non comme une résignation froide, mais comme une confiance filiale dans l’amour du Père.
Acte : formuler votre demande en ajoutant : « conduis-moi selon ton amour ».
Jour 4 — Renoncer à l’illusion du contrôle
Parole : Marc 4, 35-41.
La tempête ne signifie pas l’absence du Christ. Confiez-lui ce que vos calculs ne peuvent sécuriser.
Prière : Jésus, lorsque tout s’agite autour de moi ou dans mon âme, garde mes yeux tournés vers toi. Je te remets les scénarios que je fabrique, les vérifications sans fin et la peur d’être surpris. Donne-moi de fermer paisiblement les yeux sur ce qui ne dépend pas de moi et d’ouvrir les mains pour recevoir ton prochain pas.
Acte : interrompre une vérification ou une rumination inutile.
Jour 5 — Accomplir le prochain acte fidèle
Parole : Luc 10, 25-37.
L’abandon se vérifie dans la charité concrète. Demandez non toute la carte, mais assez de lumière pour le pas suivant.
Prière : Jésus, montre-moi ce qui revient aujourd’hui à mes mains. Que je ne confonde pas abandonner avec quitter mes responsabilités. Donne-moi la force d’appeler, écrire, travailler, demander pardon, consulter ou protéger lorsqu’il le faut. Après cela, apprends-moi à te laisser agir sans reprendre sans cesse ce que je t’ai confié.
Acte : poser aujourd’hui la démarche raisonnable que vous repoussez.
Jour 6 — Remettre les personnes aimées
Parole : Jean 4, 46-53.
Aimer quelqu’un ne signifie pas gouverner sa liberté. Présentez-le au Christ, puis aimez sans manipulation.
Prière : Seigneur, je te confie cette personne malade, affligée ou éloignée. Je te demande instamment de daigner lui accorder ce qui sert vraiment sa vie et son salut. Bénis les médecins, les proches et tous ceux qui peuvent aider. Garde-moi d’utiliser la prière pour contrôler sa liberté. Jésus, je te la confie.
Acte : bénir cette personne et renoncer à une pression inutile.
Jour 7 — Recevoir la paix du Ressuscité
Parole : Jean 20, 19-29.
Jésus entre dans les portes closes et montre ses plaies. Sa paix ne supprime pas l’histoire : elle y ouvre une mission.
Prière : Jésus ressuscité, entre dans les pièces fermées de ma vie. Là où je reste prisonnier du passé, donne ta grande paix. Là où j’ai péché, conduis-moi vers le pardon. Là où j’ai été blessé, apprends-moi à chercher la vérité et la guérison sans vengeance. Merci Seigneur, parce que tes plaies glorifiées disent que le mal n’a pas le dernier mot.
Acte : recevoir le sacrement de réconciliation ou préparer une confession.
Jour 8 — Persévérer quand rien ne paraît changer
Parole : Romains 8, 22-28.
L’Esprit prie au cœur de notre faiblesse. Dieu peut faire concourir au bien ce qui n’est pas bon en soi, sans appeler le mal un bien.
Prière : Esprit Saint, lorsque la situation empire ou semble bloquée, prie en moi. Délivre-moi de l’idée que le silence de Dieu signifie son absence. Donne-moi de reconnaître les aides, les ressources et les décisions nécessaires. Si je dois attendre, garde mon cœur vivant ; si je dois agir, donne-moi la force de le faire.
Acte : demander de l’aide à une personne compétente ou fraternelle.
Jour 9 — Rendre grâce et se remettre en mission
Parole : Philippiens 4, 4-9.
La reconnaissance ne dépend pas d’un dénouement parfait. Elle confesse que le Christ demeure présent et vous envoie servir.
Prière : Seigneur, je te rends grâce pour ces neuf jours. Je ne mesure pas ta fidélité à l’effet immédiat de ma demande. Je te remets à nouveau cette intention, pleinement et librement. Par la Vierge Marie, saint Joseph et toute l’Église, garde-moi près de Jésus. Que ma confiance produise désormais des actes de justice, de patience et de charité.
Acte : choisir une pratique quotidienne d’abandon et une œuvre de charité à poursuivre.
Une dévotion simple, sans automatisme
Pourquoi cette neuvaine est-elle appelée « neuvaine d’abandon » ?
On rencontre aussi les expressions « neuvaine de Don Dolindo », « neuvaine d’abandon Don Dolindo » ou « neuvaine de reddition ». Elles désignent la même intuition spirituelle : remettre entre les mains de Dieu ce qui nous dépasse et cesser d’exiger de tout maîtriser.
Ce mouvement n’est pas une reddition à la peur, aux circonstances ou au mal. Il est un abandon au Christ. Face à la tentation, au découragement ou à ce que la tradition chrétienne appelle le combat contre Satan, la réponse n’est jamais la fascination pour le démon : elle est la foi, la prière, les sacrements, la vérité, la charité et l’aide concrète lorsque celle-ci est nécessaire.
Certains présentent cette prière comme un « remède contre les angoisses ». Spirituellement, elle peut aider à retrouver un ordre intérieur et une grande paix. Médicalement, elle n’est pas un traitement : une anxiété persistante ou invalidante mérite un accompagnement professionnel.
Remettre, écouter, agir
Prières complémentaires pour vivre l’abandon
Prière d’ouverture
Père très bon, tu m’as donné ton Fils afin que je ne marche jamais seul. Pendant ces neuf jours, révèle-moi ce que je dois accomplir et libère-moi du besoin de tout maîtriser. Par l’intercession de Marie et avec le témoignage de Don Dolindo, apprends-moi à remettre ma vie à Jésus dans la lumière de l’Esprit Saint. Amen.
Prière centrale de confiance
Jésus, tu connais mon désir, ma peur et mes limites. Je te confie cette intention sans te dicter le chemin. Donne-moi la lumière pour agir, l’humilité pour demander de l’aide et la paix pour te remettre le fruit. Jésus, je m’abandonne à toi : c’est à toi d’y penser. Amen.
Prière avant une décision
Esprit Saint, délivre-moi de la précipitation comme de l’immobilité. Montre-moi les faits que je dois regarder, les conseils que je dois recevoir et le bien que je dois choisir. Ferme les chemins contraires à l’Évangile et affermis-moi lorsque vient l’heure d’avancer. Amen.
Prière dans la maladie ou l’angoisse
Jésus compatissant, je te demande la guérison et la consolation. Bénis celles et ceux qui me soignent, conduis-moi vers l’aide dont j’ai besoin et garde-moi de confondre la foi avec le refus des moyens humains. Lorsque la peur revient, demeure avec moi et porte ce que je ne peux porter seul. Amen.
Prière avec Marie
Marie, Mère de Jésus, tu as accueilli la Parole sans posséder d’avance toutes les réponses. Apprends-moi ton oui, ta fidélité à Cana et ta présence au pied de la Croix. Conduis-moi vers ton Fils et redis à mon cœur : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Amen.
Prière d’action de grâce
Seigneur, je te rends grâce non parce que tout est déjà résolu, mais parce que tu es présent. Merci pour la lumière reçue, les personnes placées sur ma route et la force donnée pour aujourd’hui. Que la paix que je reçois devienne patience, justice et bonté pour mes frères. Amen.
Vous pouvez partager cette page à une personne qui traverse une situation difficile ou l’enregistrer en PDF pour la prier hors ligne. Le partage d’une neuvaine n’est jamais une promesse de miracle : il est une invitation à remettre sa vie au Christ et à demander humblement la grâce nécessaire.
Vivre comme un enfant du Père
Qu’est-ce que la confiance chrétienne ?
La confiance chrétienne n’est pas d’abord une sensation de calme. Elle est un acte de foi posé au milieu même de l’incertitude : Dieu est Père, le Christ nous a aimés jusqu’à la Croix et l’Esprit Saint demeure à l’œuvre lorsque nous ne voyons pas encore le chemin.
Cette confiance reçoit sa forme de Jésus. Elle ne repose ni sur notre capacité à prévoir l’avenir, ni sur la certitude d’obtenir exactement ce que nous demandons. Elle repose sur Celui à qui nous nous confions. Nous pouvons donc lui parler sans masque, lui dire notre désir, notre peur et même notre incompréhension.
S’abandonner ne consiste pas à déclarer que tout va bien. C’est choisir de ne pas affronter seul ce qui ne va pas.
Dieu conduit sans supprimer notre liberté
Comment la Providence agit-elle ?
La foi catholique appelle Providence la conduite sage et aimante par laquelle Dieu mène sa création vers son accomplissement. Il n’est pas un spectateur lointain. Sa puissance est celle du Père, et son action demeure mystérieuse lorsque le mal, l’échec ou la souffrance obscurcissent notre regard.
Dieu agit aussi par des causes humaines : une décision prudente, le travail d’un médecin, la compétence d’un avocat, le courage d’un proche, l’aide d’une communauté, la patience d’un éducateur. Demander au Christ d’y penser n’autorise donc jamais à mépriser les moyens qu’il met sur notre route.
La Providence n’est pas le destin. Elle ne transforme pas l’être humain en marionnette et n’attribue pas à Dieu le péché ou la violence. Elle appelle notre liberté à coopérer au bien, tout en nous apprenant que le salut ultime ne vient pas de notre maîtrise.
De Gethsémani à la Croix
Jésus est-il vraiment le modèle de l’abandon ?
À Gethsémani, Jésus ne cache ni sa tristesse ni son désir que la coupe s’éloigne. Sa prière ne nie pas l’épreuve : elle la traverse dans une relation filiale. « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux » n’est pas une résignation froide. C’est l’offrande libre du Fils qui aime le Père et se donne pour le monde.
Sur la Croix, le Christ connaît l’abandon ressenti et remet pourtant son esprit entre les mains du Père. La Résurrection révèle que cette confiance n’était pas vaine, sans effacer la réalité des plaies. L’abandon chrétien est donc pascal : il passe par la vérité de la souffrance et attend de Dieu une vie que nous ne pouvons produire seuls.
Dire la vérité
Nommer sa peur, sa colère ou son impuissance devant Jésus, sans fabriquer une sérénité artificielle.
Demander avec confiance
Présenter une grâce concrète, car le Père accueille réellement la prière de ses enfants.
Consentir à sa volonté
Laisser Dieu purifier notre demande et ouvrir une voie parfois différente de celle imaginée.
Avancer avec le Christ
Poser l’acte fidèle du jour, porté par la grâce plutôt que paralysé par l’angoisse du résultat.
Un prêtre napolitain façonné par l’épreuve
Qui était Don Dolindo Ruotolo ?
Dolindo Ruotolo naît à Naples le 6 octobre 1882, cinquième d’une famille de onze enfants. Son enfance est marquée par une santé fragile, des difficultés matérielles et une vie familiale éprouvée. En 1896, il entre avec son frère Elio à l’École apostolique des Prêtres de la Mission. Il est ordonné prêtre le 24 juin 1905.
Il souhaite d’abord partir en mission, puis comprend que son champ apostolique sera surtout Naples. Prédicateur, catéchiste, accompagnateur spirituel et auteur, il travaille à rendre l’Écriture accessible et à conduire les personnes vers Jésus. Sa vie extérieure n’a pourtant rien d’une réussite paisible : incompréhensions, enquêtes, restrictions ministérielles, pauvreté et maladies l’accompagnent.
Après un accident vasculaire cérébral en 1960, il demeure partiellement paralysé durant les dernières années de sa vie. Il meurt à Naples le 19 novembre 1970. Sa tombe se trouve dans l’église San Giuseppe dei Vecchi e Immacolata di Lourdes, où de nombreux fidèles viennent encore prier. Don Dolindo est parfois rapproché, dans la piété populaire italienne du XXe siècle, de figures comme saint Padre Pio ; il convient toutefois de distinguer les témoignages dévotionnels des faits officiellement établis par l’Église.
Aimer l’Église au cœur de la contradiction
Pourquoi ses épreuves ecclésiales comptent-elles dans son message ?
Don Dolindo connut de longues années d’enquête et de restrictions. Ses écrits et les phénomènes spirituels qui lui étaient attribués furent examinés avec sévérité. Il fut finalement réhabilité en 1937 et poursuivit son ministère à Naples.
Il serait facile de transformer cette période en récit de persécution et d’utiliser son nom contre l’Église. Ce serait trahir le meilleur de son témoignage. Il ne fit pas de sa conscience privée une autorité supérieure à tout discernement : il demeura dans l’obéissance, sans renoncer à aimer ni à servir.
La confiance ne consiste pas à avoir toujours raison contre tous. Elle accepte d’être purifiée, conseillée et conduite dans la communion de l’Église.
La Parole reçue devant le Saint-Sacrement
Quelles furent les sources de sa vie spirituelle ?
Don Dolindo a laissé une œuvre abondante de commentaire biblique, de théologie, de catéchèse et de direction spirituelle. Sa spiritualité de l’abandon ne peut être séparée de cette fréquentation de l’Écriture. Elle ne naît pas d’une méthode de bien-être, mais de la contemplation du Christ qui révèle le Père.
L’Eucharistie occupait une place centrale dans son ministère. Se confier à Jésus, pour lui, signifiait se tenir devant une présence réelle, recevoir le pardon, communier au sacrifice du Christ et laisser la charité eucharistique rejoindre les détresses concrètes de Naples.
Son amour de Marie appartient à la même unité. Marie n’est pas un détour autour de Jésus : son « qu’il me soit fait selon ta parole » devient l’école la plus pure de l’abandon au dessein du Père.
Une spiritualité devenue prière populaire
D’où vient la neuvaine de l’abandon ?
L’Acte d’abandon transmis sous le nom de Don Dolindo est présenté comme une série de paroles intérieures reçues de Jésus. De ce texte a été tirée une neuvaine largement diffusée, construite autour de l’invocation italienne Gesù, pensaci tu, que l’on traduit notamment par « Jésus, à toi d’y penser » ou « Jésus, prends-en soin ».
Cette origine relève d’une expérience spirituelle privée. Un catholique peut recevoir cette prière lorsqu’elle l’aide à vivre l’Évangile, mais il n’est jamais obligé de croire à l’origine surnaturelle d’une locution particulière. La règle sûre demeure la Révélation accomplie dans le Christ, transmise dans l’Écriture et la Tradition, et discernée par l’Église.
Le parcours proposé ici ne reproduit pas intégralement un texte édité de la neuvaine. Il en déploie le cœur spirituel avec des méditations originales, enracinées dans la Parole de Dieu.
Une phrase très simple, une conversion profonde
Que veut dire « C’est à toi d’y penser… » ?
« C’est à toi d’y penser… » ne congédie pas notre responsabilité : cette parole congédie l’angoisse qui prétend prendre la place de Dieu.
La formule comporte trois mouvements. D’abord, reconnaître que Jésus est présent : je ne parle pas au vide. Ensuite, lui remettre une situation précise : une personne, une décision, une maladie, une dette, un deuil, une peur. Enfin, cesser de ruminer l’issue afin de redevenir disponible à l’acte d’amour demandé maintenant.
« Jésus » — regarder une Personne
La confiance chrétienne ne s’adresse pas à une énergie impersonnelle. Elle se tourne vers le Fils de Dieu qui a partagé notre condition et donné sa vie.
« Je m’abandonne à toi » — remettre sa liberté
Je ne renonce pas à vouloir le bien : je renonce à imposer à Dieu le calendrier, les moyens et la forme exacte de sa réponse.
« C’est à toi d’y penser » — déposer l’issue
Après le discernement et l’action juste, je cesse de porter comme un dieu ce qui excède ma mission de créature.
Ni fatalisme, ni irresponsabilité
Ce que l’abandon chrétien n’est jamais
Ne pas agir
Remettre une situation au Christ ne dispense pas de travailler, de réparer, de décider ni de demander conseil.
Refuser les soins
Un médecin, un psychologue ou un traitement sérieux peuvent être des instruments de la Providence.
Subir la violence
Quitter un danger, protéger un enfant, signaler un abus ou recourir à la justice n’est pas un manque de foi.
Étouffer ses émotions
La peur et le chagrin peuvent être présentés à Dieu. La foi ne demande pas de mentir sur son état intérieur.
Garantir un miracle
Une neuvaine n’oblige pas Dieu. La grâce reçue peut ne pas prendre la forme immédiatement espérée.
Confondre voix intérieure et volonté divine
Toute inspiration doit être confrontée à l’Évangile, à la raison, aux devoirs d’état et au discernement ecclésial.
Si une personne est en danger immédiat, si la violence menace ou si des idées suicidaires apparaissent, la première fidélité est de solliciter sans attendre les services d’urgence et un accompagnement compétent. Prier et demander de l’aide vont ensemble.
Passer de la rumination à la présence
Comment remettre à Jésus une inquiétude qui revient sans cesse ?
L’inquiétude cherche souvent une sécurité impossible : tout prévoir, tout vérifier, tout empêcher. La prière d’abandon ne fait pas toujours disparaître immédiatement les pensées. Elle nous apprend à ne plus leur obéir. Chaque retour de la peur peut devenir un nouveau retour vers le Christ.
- Nommer. Dites en une phrase ce que vous redoutez réellement.
- Distinguer. Séparez ce qui dépend de vous, ce qui dépend d’autrui et ce qui n’appartient qu’à Dieu.
- Choisir. Posez aujourd’hui une action concrète, raisonnable et charitable.
- Remettre. Confiez au Christ le résultat, le délai et la réaction des autres.
- Revenir au présent. Respirez, reprenez votre devoir du moment et répétez doucement la prière.
- Chercher de l’aide. Si l’angoisse demeure envahissante, faites-vous accompagner sans honte.
Cette démarche peut être répétée autant de fois que nécessaire. La répétition n’est pas un échec : elle devient apprentissage de la confiance, à condition de ne pas transformer la formule en rituel compulsif.
Faire ce qui dépend de nous, remettre le fruit
Comment unir abandon, prudence et décision ?
Avant une décision importante, l’abandon demande de chercher la vérité. Il faut recueillir les faits, écouter les personnes compétentes, considérer les conséquences, vérifier ses motivations et prier avec l’Écriture. La paix intérieure peut accompagner un choix, mais elle ne remplace jamais la réalité ni la morale.
Une décision bonne respecte les commandements, la dignité de chacun, les responsabilités déjà assumées et le bien commun. Elle peut être exigeante et ne pas produire tout de suite une sensation agréable. Après avoir discerné, il faut accepter qu’aucune décision humaine ne garantisse tout l’avenir.
Ce qui dépend de moi appelle fidélité. Ce qui dépend d’un autre appelle dialogue et respect de sa liberté. Ce qui ne dépend de personne appelle abandon à Dieu. Confondre ces trois domaines nourrit l’agitation.
Recevoir l’abandon dans la vie de l’Église
Pourquoi les sacrements et Marie sont-ils essentiels ?
La prière de confiance atteint sa plénitude dans les sacrements. Dans la confession, nous cessons de vouloir nous sauver par nos propres justifications et nous recevons une miséricorde donnée. Dans l’Eucharistie, le Christ ne nous offre pas seulement une idée rassurante : il se donne lui-même et nous unit à son offrande au Père.
Marie enseigne la même disponibilité. À l’Annonciation, elle questionne, écoute puis consent. À Cana, elle confie le manque à Jésus et demande aux serviteurs de lui obéir. Au pied de la Croix, elle demeure lorsqu’elle ne peut rien réparer par elle-même. Son abandon n’est jamais inerte : il est foi, présence et service.
- préparer une confession lorsque la peur est liée à un péché réel ;
- participer à la messe et déposer son intention lors de l’offertoire ;
- demeurer quelques minutes devant le Saint-Sacrement ;
- prier une dizaine de chapelet en contemplant Jésus avec Marie ;
- demander à un prêtre ou à un accompagnateur un discernement sobre.
Recevoir sans absolutiser
Comment considérer les paroles attribuées à Jésus ?
La foi chrétienne est fondée sur la Révélation publique accomplie en Jésus-Christ. Les expériences intérieures, même lorsqu’elles portent de bons fruits, ne complètent pas l’Évangile et n’ont pas la même autorité. Elles doivent être discernées selon leur conformité à la foi, leur humilité et leurs fruits.
Don Dolindo n’est pas canonisé. Sa réputation spirituelle et la cause qui lui est associée n’autorisent pas à présenter chacune de ses expériences comme un fait défini par l’Église. On peut toutefois recevoir l’invocation « Jésus, à toi d’y penser » comme une prière privée profondément accordée à l’abandon évangélique.
Une dévotion authentique ne réclame jamais la crédulité : elle conduit plus humblement à la Parole, aux sacrements, à la charité et à la communion de l’Église.
De la maîtrise à la communion
Quelles grâces demander pendant cette neuvaine ?
- la confiance filiale dans la bonté du Père ;
- la paix au milieu d’une décision, d’une maladie ou d’une attente ;
- la liberté face au besoin de tout contrôler ;
- la prudence pour reconnaître l’action concrète à poser ;
- le courage de demander une aide médicale, psychologique ou spirituelle ;
- la persévérance lorsque la réponse tarde ;
- la guérison d’une image faussée d’un Dieu arbitraire ou menaçant ;
- la réconciliation avec une personne confiée au Christ ;
- un amour plus profond de l’Eucharistie et de l’Écriture ;
- une disponibilité nouvelle au service du prochain.